La France a lancé une initiative visant à accroître la transparence des prix des denrées alimentaires, mettant en évidence la rémunération des producteurs. Cette mesure, testée dans plusieurs secteurs, vise à améliorer les relations commerciales et à encourager les consommateurs à faire des choix plus éthiques. Le projet a également un impact politique, renforçant le lien entre les consommateurs et les agriculteurs, et il peut s'étendre à l'ensemble du pays si les tests sont couronnés de succès.
Dans le cadre des efforts continus visant à renforcer la transparence et la justice dans le secteur agricole, la Ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, Annie Genèverd, a lancé une initiative novatrice le 18 mars 2025 en vertu de la loi Egalim 2.
L'objectif est de tester un système d'affichage de la rémunération du producteur, qui permettra aux consommateurs de visualiser clairement la part du prix qui atteint effectivement l'agriculteur. Cette expérience, lancée officiellement lors d'un comité des partenaires, débutera par un appel à projets, avec une date limite d'inscription jusqu'au 30 juin 2025.
L'initiative couvre diverses chaînes de production stratégiques, notamment la viande bovine, porcine et ovine, les produits laitiers, les œufs, les fruits et les légumes transformés.
Les candidats au projet doivent présenter des méthodologies objectives, précises et compatibles avec la législation actuelle, qui seront appliquées dans la pratique pour tester différents modèles d'étiquetage. L'objectif principal est évaluer l'efficacité de ces étiquettes, leur visibilité et leur pertinence, ainsi que leur impact sur le comportement des consommateurs.
Cette action répond aux mobilisations intenses du secteur agricole durant l'hiver 2024-2025, lorsque les agriculteurs dénoncent un déséquilibre dans les relations commerciales avec les transformateurs et les distributeurs. Malgré les promesses de la loi Egalim d'améliorer la rémunération des producteurs, beaucoup sont encore confrontés à des défis pour voir ces promesses tenues. La transparence quant à la mesure dans laquelle elle atteint effectivement l'agriculteur pourrait inciter fortement les consommateurs à faire des choix plus éthiques et conscients.
Outre le caractère informatif, cette initiative a une dimension politique importante : renforcer le lien entre les consommateurs et les agriculteurs, en particulier dans un contexte où la souveraineté alimentaire est devenue une question stratégique. La transparence de la formation des prix peut également rééquilibrer la relation de pouvoir tout au long de la chaîne de production alimentaire.
Afin d'assurer une évaluation adéquate de cette expérience, le CGAAER (Conseil général pour l'évaluation des politiques publiques) a été chargé d'examiner les tests et de formuler des recommandations en vue d'une éventuelle réglementation. L'objectif final est d'étendre cette pratique à l'ensemble du pays, en suivant le modèle d'information sur l'origine ou l'impact environnemental, déjà présent dans certains emballages.
Enfin, cette mesure peut devenir un différentiel concurrentiel pour les marques et les détaillants qui s'engagent à mieux récompenser les producteurs, mettant en évidence leur performance éthique dans un marché de plus en plus attentif à la durabilité, à la traçabilité et à la justice sociale.
Source: https://agriculture.gouv.fr/affichage-sur-les-conditions-de-rémunération-des-agriculteurs
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