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Fundação Verakis

Le paysage se nourrit également

Le concours photographique de Trashumancia montre comment les images peuvent révéler la relation entre production alimentaire, territoire et culture. La pratique de la transhumance va au-delà du déplacement des animaux : elle représente des formes de connaissance et de gestion construites au fil du temps. Dans une société de plus en plus éloignée de la campagne, raconter ces histoires fait également partie de la communication alimentaire.

Le paysage se nourrit également

Une image d'un troupeau traversant une route peut ressembler à une belle image d'un monde rural lointain. Mais derrière cette scène, il y a une histoire de production alimentaire, de territoire, de connaissances et de relations construites au fil des siècles.

La transhumance — déplacement saisonnier d'animaux entre différentes zones de pâturage — est une pratique ancestrale qui existe encore dans certaines régions européennes. Bien au-delà du mouvement des animaux, il représente une manière spécifique d'utiliser les ressources naturelles, de préserver les paysages ruraux et de préserver les connaissances liées à l'agriculture extensive.

Récemment, le XVIIIème Concours Photo de Trashumancia, organisé par la Real Asociación Española de Creatores de Raza Avileana-Negra Iberica et l'IGP Carne de Ávila, a de nouveau souligné cette pratique. Les photographies primées de Paloma Acuña et Jara García ne montrent pas seulement des animaux ou des paysages : elles montrent une relation entre les gens, le territoire et la production alimentaire.

Il y a quelque chose de curieux dans cette appréciation de la photographie.

À une époque où les aliments sont souvent présentés en nombre — émissions de carbone, protéines, calories, prix ou indicateurs environnementaux — certaines images peuvent montrer une dimension qui ne correspond guère à un tableau: la relation culturelle entre l'alimentation et le territoire.

Cela ne signifie pas que chaque pratique traditionnelle devienne quelque chose d'intouchable ou que les défis de l'agriculture et de l'élevage modernes soient niés. La production alimentaire a toujours évolué et continuera d'évoluer.

Mais il y a une question importante :

Ne risquons-nous pas, en modernisant les systèmes alimentaires, de perdre une partie des connaissances accumulées par ceux qui produisent des aliments depuis des générations?

La Transhumance est un exemple intéressant car elle montre que certaines anciennes pratiques peuvent dialoguer avec les questions actuelles. Une gestion approfondie des animaux, lorsqu'elle est effectuée dans certaines conditions, est associée au maintien des paysages, à l'utilisation des pâturages naturels et à la conservation des écosystèmes ruraux.

Le plus grand défi est peut-être un autre : rendre ces réalités compréhensibles pour une société de plus en plus urbaine.

La distance entre le pays et la ville n'est pas seulement géographique. C'est aussi une distance de connaissance.

Beaucoup de gens consomment des aliments dont l'origine, la production et l'histoire restent invisibles. Dans ce contexte, une photographie peut faire quelque chose qu'une longue explication ne peut pas toujours : créer un pont entre ceux qui produisent et ceux qui consomment.

Parce qu'un paysage rural n'est pas seulement un paysage. Elle raconte aussi une histoire de nourriture.