La Commission européenne a lancé la construction de FOOD 2040, un programme stratégique qui contribuera à définir les priorités européennes en matière de recherche et d'innovation pour les systèmes alimentaires. La résilience, la durabilité, la santé, les nouvelles sources de protéines, la numérisation et la réduction des déchets figurent parmi les thèmes identifiés lors de la consultation avec différents acteurs du secteur. Le processus montre comment la science et l'innovation devraient participer aux changements qui définiront les aliments européens dans les décennies à venir.
L'Europe a déjà commencé à discuter de la manière dont elle entend produire, consommer et innover dans le secteur agroalimentaire au cours des prochaines décennies; Building FOOD 2040 est une initiative de la Commission européenne visant à rassembler différents acteurs du système alimentaire afin de contribuer à la construction du prochain programme stratégique européen pour la recherche et l'innovation dans les systèmes alimentaires.
Le point de départ est une observation importante: les défis liés aux denrées alimentaires ne peuvent pas être traités seuls. La production agricole, la santé, la nutrition, le changement climatique, la biodiversité, la technologie, l'économie et le comportement des consommateurs sont liés. Ainsi, le « FOOD 2040 » cherche à rassembler différentes perspectives pour déterminer où la recherche et l'innovation peuvent faire une différence dans les années à venir.
La consultation de la Commission européenne a réuni 631 participants et 63 contributions écrites de chercheurs, d'agriculteurs, d'entreprises, d'autorités publiques, d'organisations de la société civile et d'autres acteurs impliqués dans les systèmes alimentaires.
L'objectif n'était pas simplement de prédire quelles technologies seront disponibles en 2040, mais déterminer quels changements seront nécessaires pour bâtir des systèmes alimentaires plus résilients, durables, sains et compétitifs.
Parmi les priorités identifiées figurent le renforcement de la résilience face aux crises climatiques, économiques et géopolitiques, la réduction des impacts environnementaux de la production et de la consommation, la promotion de régimes alimentaires plus sains, la réduction des pertes et du gaspillage alimentaire, la diversification des sources de protéines, l'utilisation plus efficace des ressources naturelles et le développement de solutions numériques capables d'améliorer la gestion et la traçabilité de la chaîne alimentaire.
L'innovation est également associée à une question moins technologique mais fondamentale : la capacité de transformer les connaissances scientifiques en solutions utilisées dans la pratique.
Pour l'agriculture et l'industrie alimentaire, le développement d'une nouvelle technologie ou d'un nouveau processus n'est qu'une étape. Ces solutions doivent être économiquement viables, peuvent être adoptées par différents acteurs de la chaîne et produire des résultats concrets.
Cette préoccupation rapproche la «FOOD 2040» d'une vision plus large des systèmes alimentaires. La numérisation, les nouvelles sources de protéines, l'agriculture régénératrice, la bioéconomie circulaire, la traçabilité et l'utilisation des données ne sont pas traitées comme des tendances indépendantes, mais comme des éléments d'une transformation impliquant les producteurs, l'industrie, la distribution, les consommateurs, les chercheurs et le gouvernement.
Le processus montre également l'importance que l'Union européenne attache à la recherche et à l'innovation pour construire son autonomie et sa capacité d'adaptation. Les crises récentes ont montré que la sécurité alimentaire dépend non seulement de la disponibilité de la nourriture, mais aussi aussi sur la capacité de produire, de transformer, de transporter et d'accéder aux matières premières et aux technologies dans un environnement international instable.
La FOOD 2040 n'est pas encore une stratégie finale pour le système alimentaire européen. C'est une étape de construction, basée précisément sur la contribution des différents acteurs participant à ce système. Ce qui est actuellement en cours de conception aidera à définir quelles connaissances, technologies et solutions bénéficieront d'une attention et d'investissements européens dans les années à venir.
En 2040, il faut donc examiner les choix qui commencent à être faits aujourd'hui.
La manière dont l'Europe financera la recherche, soutiendra l'innovation et rapprochera la science et le marché peut influer non seulement sur ce qui sera produit et consommé à l'avenir, mais aussi sur la capacité du système alimentaire européen à faire face aux changements qui sont déjà en cours.

